Alors que je descendais plus profondément le long du filet, des images revinrent me hanter.
A peine quelque mois plus tôt, j'avais observé un grand nombre de requins-marteaux halicornes en route pour se faire nettoyer, non pas par des pêcheurs, mais par des poissons nettoyeurs comme les poisson-anges ou les Pourceaux mexicains - le long des récifs de l'île Coco, au Costa Rica. C'était un spectacle vraiment saisissant que de voir ces bêtes, mesurant entre deux et quatre mètres, musclés, élégantes et incroyablement gracieuses s'approcher lentement et tout en souplesse « des stations de nettoyage ». Ce jour-là, Mark Thurlow et moi, accroupis entre les rochers nous avions attendu en silence. Nous utilisions des respirateurs à circuit fermé (rebreathers) afin de pouvoir approcher les requins sans les effrayer. Les requins-marteaux s'étaient matérialisés brusquement, dans la lumière bleue incertaine, avaient survolé les récifs, s'étaient fait nettoyer de leurs parasites puis avaient disparu au loin. Peu de gens ont la chance d'assister à un tel spectacle naturel. Pour moi c'est l'équivalent océanique des grandes migrations de gnous dans les savanes africaines, ou encore des immenses rassemblements de caribous dans la toundra. C'est un spectacle majestueux, source à la fois d'inspiration et d'humilité.
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Ecrit par Marty Snyderman
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